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43% d’entre nous ont une cicatrice créative: comment la soigner?

Nuanciers aquarelle au mur - Marie
43% des gens ont une cicatrice autour d’un événement honteux lié à la créativité dans l’enfance et qui les perturbe encore à l’âge adulte.

43% des gens ont une cicatrice créative autour d’un événement honteux lié à la créativité dans l’enfance et qui les perturbe encore à l’âge adulte.” J’ai été marquée par cette information en écoutant un podcast où Brené Brown, chercheuse et titulaire d’un doctorat en science social, était l’invitée. En lisant cette phrase, il y a quasiment une chance sur 2 pour que cela fasse écho en vous. Peut-être qu’un souvenir particulier vous empêche de sortir vos pinceaux? Il suffit d’une mauvaise expérience à l’école ou des mots cassants d’un professeur “vous n’êtes pas faite pour la peinture” pour que cela vous affecte le reste de votre vie et vous empêche de développer une pratique artistique.

Dans cet article, vous trouverez les solutions pour soigner vos cicatrices créatives et révéler votre âme artistique.

1- Qu’est ce qu’une cicatrice créative?

1- Une émotion refoulée

Cette remarque désobligeante que vous avez entendue étant enfant vous a rendu triste ou en colère. Alors vous avez probablement enfoui tout ça dans un coin de votre tête. Sauf qu’à force d’être réprimées, nos émotions négatives liées à notre créativité se transforment en véritables blessures. Ces blessures sont graves car elles peuvent se transformer en cicatrices qui affectent tous les domaines de notre vie: travail, relations, passe-temps. On se sent “nulle”, “incapable”, “pas à la hauteur”. À terme cela affecte notre bien-être et notre estime de soi.

Une élève avait partagé avec moi une expérience marquante il y a quelques années, elle avait écrit:

“Un jour, une prof m’avait fait un reproche concernant la couleur des moutons qui n’était pas blanche donc je ne pouvais pas faire un mouton blanc… elle me guidait avec le choix des couleurs et la semaine d’après, elle critiquait mes décisions. Et un jour, alors qu’un autre participant me donnait des conseils, elle lui a dit “…bon courage, si tu en tires quelque chose…” ce jour-là, j ai simplement rangé mes affaires et je suis partie, bien sûr dans la voiture, les larmes ont coulées. Le lendemain, elle m’a demandé si j avais l intention de revenir, je lui ai répondu que oui quand je serais prête… puis un jour elle m’a rendu mon classeur où il y avait mes dessins (elle était en congé).

J’ai travaillé sur cette blessure et cela m’a rappelé un professeur au collège qui m’avait aussi mise mal à l’aise….

Lors d’un soin énergétique, la thérapeute m’a demandé si je faisais de la peinture.. j’étais étonnée, elle a bien insisté en disant, oui tu es faite pour cela….

Et voila je tombe sur tes videos, tes cours sont bien expliques sans être directive. Alors c’est avec plaisir que je prends les pinceaux…”

Parvenez-vous à identifier un tel moment?

Rassurez-vous, vos blessures peuvent aussi se transformer en un moteur créatif puissant. Au fond de vous vous savez que cette personne qui vous a heurté avait tord, vous avez la capacité de créer! Seulement pour cela, il ne faut pas laisser vos blessures vous envahir et vous faire peur.

La créativité refoulée, c’est grave.

2 – Une peur paralysante

Nos cicatrices se traduisent souvent par des peurs. On ne veut plus être confrontée à ce sentiment de honte qui nous a marqué dans notre enfance. La peur peut nous laisser longtemps spectateur et consommateur d’art, sans jamais devenir créateur.

On est émerveillés devant une expo d’aquarelle mais on n’ose pas prendre des cours de peinture. Cela affecte bien sûr tout type de pratique artistique. Une personne de notre communauté aquarelle a partagé avec nous:

On m’a tellement répété que je chantais faux quand j’étais petite que ça m’a bloqué et ça me bloque encore…

Je travaille dessus avec mon chéri qui a l’oreille musicale, j’ai déjà osé faire partie de choeurs devant toute ma promo en école d’ingénieur mais très dur de se défaire de cette petite voix qui dit « tu chantes faux et c’est irréversible, n’essaie pas tu vas leur casser les oreilles » et de cette peur de l’humiliation.

Ce qui est paradoxal, c’est que la peur peut nous empêcher d’agir et nous paralyser mais elle est aussi indispensable pour apprendre à gérer nos émotions et nous pousser à l’action.

Quelles sont donc les solutions pour affronter nos peurs et révéler notre créativité?

2- Les solutions pour soigner une cicatrice créative

1- Ne pas alimenter notre cicatrice créative

Nos cicatrices existent et il est important de les reconnaître mais il ne faut pas leur donner trop d’importance. Recevoir des critiques n’est jamais une partie de plaisir et ça l’est encore moins quand on est jeune ou lorsqu’on débute une pratique artistique.

Certaines remarques négatives sont tout simplement méchantes et gratuites “vous n’êtes pas faite pour la peinture”, alors il faut prendre suffisamment de recul pour les laisser de côté (ce qui est plus facile à faire lorsqu’on est adulte qu’enfant).

D’autres remarques peuvent aussi être bonnes et constructives. Pour diminuer l’importance que l’on donne aux critiques, il faut essayer de les accepter. Nous faisons TOUTES des erreurs, c’est aussi ce qui nous permet d’être corrigée et de s’améliorer.

2- Retrouver notre âme d’enfant

Quand nous sommes enfant, nous nous jetons corps et âmes dans de nouveaux défis tout le temps, nous n’avons pas peur d’être créatif. Puis au fil du temps nous perdons ça, je pense que c’est parce que nous commençons à intérioriser tous les commentaires négatifs que nous recevons en grandissant.

Emma Gannon, écrivaine et créatrice du podcast Ctrl Alt Delete

L’enfant que vous étiez avant de faire face à une mauvaise expérience n’avait pas peur de créer. Gardez cela en tête pour cultiver votre insouciance et votre goût du risque. Pour un enfant, tout est une « première fois » : première sortie en forêt, première fois avec de la peinture plein les mains, premiers pas sur le sable etc. Résultat, un enfant garde une capacité d’émerveillement devant des choses qui sont devenues banales pour nous.

Essayez de retrouver des sensations simples qui vous rappellent votre enfance et laissez vous surprendre par vos sens. Cela vous permettra d’être plus sensible à ce qui vous entoure et d’activer vos pensées créatives.

Etes-vous une artiste? Bien sûre que vous l’êtes. Vous avez tout ce qu’il faut pour créer de la magie. Vous l’avez toujours eu.

3- Eviter le perfectionnisme

Quand on débute une pratique artistique, on a tendance à vouloir faire du “parfait” ou du “beau” du 1er coup, d’autant plus si on a été marquée par des critiques négatives. On voit toutes ces belles peintures qui défilent sur les réseaux et finalement on a peur du rendu ou du regard des autres.

Pour se détacher du perfectionnisme, il faut essayer de plus se concentrer sur l’action que sur le résultat. Si vous pensez “je ne saurai jamais faire ça” essayez de transformer cette pensée en action concrète “je vais m’accorder 10 mins pour suivre un tuto”.

Pour vaincre la peur du regard de l’autre, il faut aussi partir du principe que ce que vous faites ne plaira jamais à tout le monde et ce n’est pas grave. L’important est que vous passiez à l’action!

4 – Passer à l’action

La créativité est un acte en soi, c’est une pratique que l’on peut considérer comme un sport.

“Le cerveau va vers ce qui lui prend le moins d’énergie. Sortir des sentiers battus et être créatif lui demande de l’énergie supplémentaire. La créativité doit donc être un acte volontaire pour lutter contre un instinct d’économie d’énergie.” Anais Roux, Psychologue & créatrice du podcast  Neurosapiens

Par exemple, voyagez, lisez, ou encore essayez de porter un nouveau regard sur ce qui vous entoure. Vous pouvez aussi côtoyer des personnes différentes de vous et tester de nouvelles choses car nous avons besoin de diversité pour être créative. Le soutien d’un proche peut aussi se révéler moteur d’action. Une personne de notre communauté Instagram nous a partagé son expérience:

Fan de BD, je m’étais inscrite à l’époque a une formation pour devenir illustratrice. J’étais en L1 en fac d’éco et j’avais envie de tout arrêter pour faire de la BD à plein temps. Quand mon père l’a su il est devenu fou de rage. Pour lui dessiner n’est pas un métier, c’est juste un loisir pour les enfants. Et malgré le fait que j’avais trouvé un stage dans l’illustration, j’ai du tout abandonner car j’étais fatiguée de ses critiques.

Aujourd’hui presque 10 ans plus tard de regrette de ne pas lui avoir tenu tête et d’avoir été facilement découragée. Mais depuis quelques mois je m’y remets et avec le soutien inconditionnel de mon mari je reprends confiance dans ma créativité

Rappelez-vous qu’il n’y a pas d’idée créative trop petite ou trop insignifiante. Vous êtes créative quand vous empruntez un nouveau chemin pour éviter des bouchons, quand vous trouvez les mots juste pour parler à une amie ou quand vous ressortez vos pinceaux pour 10 minutes seulement. Plus vous pratiquerez au quotidien et plus vous vous sentirez à l’aise et connectée à votre créativité.

3 – Des ressources pour soigner une cicatrice créative et révéler votre âme créative

Ci-dessous j’ai répertorié plusieurs ressources qui vont aideront à mieux comprendre les cicatrices créatives et cultiver votre créativité:

1- Les podcasts sur la créativité

Sur les cicatrices créatives

Nom du podcast: Magic Lessons (en anglais)

Auteur: Elizabeth Gilbert Invitée: Brené Brown Numéro épisode: S01E12

Cliquez ici pour écouter le podcast.

Sur l’aspect cérébral de la créativité

Nom du podcast: Neurosapiens (en français)

Auteur: Anais Roux

Cliquez ici pour écouter le podcast.

2- Les lectures sur la créativité

Sur la créativité au travail

Nom de l’article: why a creative career change is good for you (en anglais)

Auteur: Marie-Claire Chappet

Invitée: Emma Gannon

Cliquez ici pour lire l’article.

Sur l’application de conseils concrets pour révéler sa créativité

Nom du livre: J’ose Créer

Auteur: Marie Boudon

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Pour finir, quelle solution vous paraît la plus simple pour soigner vos blessures créatives, retrouver votre âme d’enfant ou passer à l’action? N’hésitez pas à partager votre ressenti en commentaire.

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  1. MENORET dit :

    Merci Marie pour ce partage, cela me parle… je partage à mon tour sur mon site . Belle journée ! Jeanne

  2. Nadège dit :

    Bonjour. En 1ère année dernière maternelle, je devais peindre une assiette en carton pour la fête des mères. La maîtresse n’a pas voulu me donner mon assiette en me disant que ce n’était pas la mienne, que je la voulais parce qu’elle était trop jolie. J’en ai parlé pendant des années à ma famille. Encore aujourd’hui je revois mon assiette.
    Je réalise en lisant cet article que c’est sans doute à cause de cela que je n’ai que rarement repris un pinceau malgré l’envie.
    Merci.

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      Aïe aïe aïe, ces maladresses des adultes qui nous font tant douter de notre créativité durant des années ! Nous espérons que maintenant cet épisode est bien intégré comme une preuve de vos compétences créatives et pas le contraitre !

  3. Françoise Cordier-Colombini dit :

    Petite, j’avais une folle envie de peindre ou dessiner mais je pensais que c’était réservé au cours de dessin de l’école puisque j’avais une belle trousse de crayons de couleurs et de gouache dans mon cartable… ces dernières n’ayant jamais servi tout au long de ma scolarité, et les crayons fort peu. Croyant me faire plaisir, mes parents qui pensaient aussi qu’il fallait « savoir », m’ont inscrite à un cours de dessin par correspondance. Les premières leçons portaient sur un personnage nommé Agenor dont on détaillait le visage et le corps pour le reproduire de façon académique. Au bout de quelques mois, j’en avais tellement marre que les enveloppes de cours s’entassaient sans que je fasse les exercices. La blessure de mes parents m’a empêchée de reprendre un crayon et je ne me suis jamais autorisée à prendre un pinceau… jusqu’au premier confinement et premiers tutos de Marie suivi avec passion. Des bases suffisantes pour oser me lancer, puis tenter de reproduire des modèles de moi-même… et bientôt j’espère créer de toute pièce. Merci Marie.

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      Bravo Françoise de vous être « autorisée » à créer à nouveau ! Nous sommes ravis de vous accompagner dans cette re-découverte de vous même !

  4. Lumeria dit :

    Quand j’étais petite j’aimais beaucoup les couleurs je prenais plaisir à dessiner des œufs de pâques. Un jour sur une pub de chocolat dont je m’inspirais pour les motifs il y avait un cocotier en photo. Mon père a cru de loin que c’était moi qui l’avait dessiné et s’est approché de mon ouvrage en disant « pu… c’est toi qui a dessiné ça c’est super impressionnant ! Puis en se rapprochant il s’est ravisé et s’est détourné de mon ouvrage. Je lui ai demandé ce qu’il trouvait de bien par rapport à mes autres œufs de pâques soucieuse de progresser dans ce sens. Il m’a regardé navré en me disant qu’il avait cru que j’avais dessiné le cocotier. Le souvenir de ce regard déçu s’est planté dans ma créativité comme une flèche empoisonée.

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      C’est si triste de lire dans chacun de vos témoignages des histoires d’enfants (ou d’adultes ayant laissé parler leur part d’enfant) faire face seuls, à ces blessures soudaines. Ces situations qui passent parfois inaperçues forment des entailles profondes dont on se rappelle des dizaines d’années plus tard. En tout cas, identifier l’origine de cette blessure est une étape majeure pour lutter contre tous les sentiments négatifs qu’elle a engendrés !

  5. PIERRE dit :

    Souvent on me disait : C’est toi qui a peint cette aquarelle !! non c’est M…..c’était très vexant, déjà que je n’avais pas confiance en moi. Merci pour cet article.

  6. Mandras Jeanine dit :

    Le monde est cruel, on a tous eu des critiques, je ne dessinais qu’au crayon ne me sentant pas capable de peindre, maintenant j’ose peindre, je teste tout ce que je peux, je m’éclate et la créativité me fait du bien . Je signe Jose mes tableaux ! Lol !

  7. Johanne dit :

    Aujourd’hui votre blog me rejoint totalement. J’ai toujours plein d’idées mais je n’ose pas le faire. Et en lisant je me suis rappeler les commentaires frustrants de ma famille. Tu gaspilles des feuilles, ça sert à quoi de faire ça. Je n’ai pas d’argent pour ça
    Aujourd’hui à 65 ans, j’ai ramasser un paquet de tablettes à dessin et aquarelle. Et lorsque je vient pour peindre je me dit toujours ça donne quoi de faire ça je gaspille. Mais maintenant j’ai découvert d’où venait ce gros problème. Merci Marie pour tes conseils et informations

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      Merci Johanne de nous faire part de votre expérience…on est vraiment contents que vous ayez pu identifier la racine du problème, c’est un pas énorme vers sa résolution !

  8. Francoise MILLION dit :

    Je chante faux ! A l’école pendant la chorale, le professeur me plaçait à côté du groupe car je faisais »dérailler » tout le monde! En famille, on me faisait chanter « au clair de la lune » pour faire rire tout le monde ! J’ai travaillé sur le souffle et ça s’est un peu arrangé mais je resterai ainsi. En peinture, je réalise qu’on ne me donnait pas de feuilles vierges mais seulement des albums de coloriage que je m’appliquais à bien remplir « sans dépasser »… Ca en dit long sur les contraintes qui ont bloqué ma créativité ! Comment la retrouver ? je m’interroge chaque jour et je suis toujours aussi désemparée face à la feuille blanche… J’ai un peu progressé avec le livre de Marie, avec des programmes de développement créatif mais j’ai le sentiment de n’avoir aucune imagination, de l’avoir perdue depuis très longtemps…Comment ont fait celles et ceux qui ont surmonté cette perte ? J’ajoute toutefois que je n’ai jamais perdu mon enthousiasme et ma volonté de faire !

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      Courage Françoise, la créativité est toujours fluctuante, même chez les artistes les plus « assumés » ! La votre va reprendre sa place grâce à des exercices visant à la stimuler et à l’exprimer 😉

  9. Mirgo dit :

    Bonjour, merci pour tous ces témoignages. Moi aussi j’ai été stoppée dans ma créativité dans l’enfance. Autant pour le chant par une enseignante qui, voulant créer une chorale m’a dit « toi je ne sais pas où te mettre » et m’a rejetée. La même m’avait mis 0 sur un dessin libre qu’elle m’accusait avoir décalqué et même en lui apportant le gros livre d’où je m’étais inspirée pour lui prouver le contraire elle n’a pas retiré la note. Ses 2 actes ont emprisonné ma créativité dans une camisole. Pour le,chant c’est irréversible, pour le dessin, j’y suis revenue en a l’âge de 45 ans mais toujours avec une liberté créatrice figée. Il me faut copier alors qu’enfant t je faisais un dessin par jour, tout ce qui me passait par la tête.

    • Céline - Tribulations de Marie dit :

      C’est vraiment désolant ! On espère sincèrement que cet article vous aidera à chasser définitivement ces fausses croyances qu’on vous a imposées et qui visiblement sont totalement infondées. Ce n’est pas un processus facile mais c’est faisable, courage !

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